Vieil imbécile ?

En passant

Vieil imbécile ? pourquoi ?

D’abord parce que cela est adéquat avec la réalité, selon l’expression de saint Thomas… et puis peut-être aussi en hommage à Shakespeare et en connivence avec le roi Lear : vous connaissez l’histoire ! Lear veut donner son royaume à celles de ces filles qui l’aiment le plus. Seule Cordélia refuse d’entrer dans le dithyrambe. Elle est déshéritée, bannie. Quand Lear réalise que c’était la seule de ses filles qui l’aimait en vérité, il est trop tard, il ne peut plus que se lamenter : « oublie et pardonne, ma fille : je suis vieux et imbécile ». Je me sens tellement proche de Lear !

Si Lear m’est si sympathique, sa faiblesse y est évidemment pour quelque chose. Mais il rejoint aussi une préoccupation plus profonde. Ancêtre de la comtesse du Journal d’un curé de campagne, il est aussi l’anti don Giovanni. Quand vient l’heure de la mort, il trouve la force de rejeter son orgueil. Il trouve la force de reconnaître sa faiblesse et ses erreurs, il trouve la force de se réfugier en pleurant dans les bras de Dieu.